09.08.2005
C’est les Vacances. Des foyers d’urgence ferment pour un mois : la ville jette à la rue des sans-abris… pour reloger des sans-abris.
Le 25 juillet 2005, des résidents des Remparts, centre d’hébergement d’urgence, protestaient contre sa fermeture en restant à l’intérieur. Le Collectif Action Logement était là pour les soutenir et exiger, comme eux, que la Ville et l’Etat assument enfin leurs responsabilités.
Reçus à la Préfecture, ni les représentants des résidents ni ceux du Collectif n’ont réussi à aucun moment à faire prendre en compte les trente résidents du foyer .Les responsables municipaux, ceux de la DASS ainsi que le préfet n’acceptant de discuter que des douze personnes restées sur place ce jour-là. En effet, quelques jours avant, le 115 avait reçu l’ordre d’accepter moins de personnes, de celles qui appellent, désespérées, la nuit, pour se poser quelque part en sécurité et pouvoir réattaquer une journée dans de bonnes conditions . Rappelons-le, le foyer des Remparts comporte cinquante lits et un chenil n'ayant jamais servi...
Vingt de ces lits restent vides l'été pendant que des personnes dorment parfois dans le chenil qui n'est pas aux normes pour accueillir des chiens.
Sourds aux revendications du Collectif, le Préfet, la Ville et la DDASS ont exprimé clairement qu’ils « n’en ont rien à fiche » de nos arguments et que ce que nous pensions leur était « complètement égal ». Leurs raisons, à eux, étaient tellement plus convaincantes : les structures auraient besoin d’être « assainies » (sic) (un mois sur douze ?), il y aurait des travaux à faire dans ce lieu pourtant neuf alors que les autres sont ouverts douze mois sur douze. Dernière excuse de la Ville : il faut permettre à l’équipe sur place de « souffler ». Equipe qui, au contraire, nous a semblé plus que préoccupée par cette fermeture du foyer et solidaire de ses résidents.
Contrairement aux allégations de la Ville et de la Préfecture lors de cette réunion, aucune solution n’était prévue le jour de la fermeture pour héberger ces personnes sans-abris : aucun résident ou responsable du foyer n’était informé d’un quelconque relogement …Le foyer a dû rester ouvert pour une nuit de plus… pour qu’au final ce soit la Croix Rouge qui doive financer les deux premières nuits d’hôtel, se substituant ainsi aux pouvoirs publics, responsables de cette situation..
Après ces deux nuits, les derniers lits 115 disponibles ont été réquisitionnés pour les accueillir jusqu’au 21 août (sans aucune assurance de relogement à partir de cette date). Le 115 ne peut donc plus fonctionner pour les personnes qui sont à la rue.
Peut-on se dire satisfait d’une situation aussi bancale ?
Bien piètre résultat, malgré cette mobilisation des résidents du foyer . Etait-ce vraiment trop espérer que les foyers d’accueil fonctionnent douze mois sur douze, alors que l’on sait que cent cinquante demandes d’hébergement sont rejetées chaque nuit ?
Le Collectif Action Logement interpelle les pouvoirs publics pour qu’une véritable politique de logements sociaux soit accessibles aux plus démunis.
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