22.06.2005
Lettre au préfet du 22 juin 2005
Chers amis,
Le collectif ACTION LOGEMENT a envoyé un courrier au Préfet du Bah-Rhin pour demander qu'une solution soit trouvée pour que les foyers "Les remparts" et "Urgence Dormir" ne ferment pas cet été laissant ainsi des dizaines de femmes et d'hommes à la rue. (Copie à la suite)
Urgence Dormir abrite des femmes souvent victimes de violence et exclues des autres dispositifs d'hébergement, la fermeture de cette structure tout le mois d'août, pour des raisons financière est une catastrophe.
Strasbourg le 22 juin 2005
Monsieur le Préfet,
C’est avec beaucoup d’inquiétude que nous venons d’apprendre la fermeture pendant un mois des foyers d’hébergements d’urgence « Les Remparts », du 25 juillet 2005 au 22 août 2005, ainsi que de « Urgence Dormir », tout le mois d’août pour, semble t-il, des raisons financières.
Cette décision est humainement incompréhensible et les raisons invoquées peu convaincantes.
Malgré une lettre ouverte à Madame Le Maire sur ces même questions en octobre de l’année dernière et les actions menées tout au long de cette année (rencontre avec nos élus, articles dans les journaux, reportages télé et radio, création d’un lieu d’hébergement, soutien individuel, ...) tous nos efforts en faveur de nos concitoyens les plus silencieux sont restés sans effet. Cela témoigne, jusqu’à preuve du contraire, du mépris et de l’absence de projet sérieux de nos élus et représentant de l’Etat sur la situation des sans-logis.
Le silence de Madame Le Maire, les propos lénifiants et propagandistes de Madame l’Adjointe au Maire chargée des affaires sociales, Madame Zuber, ainsi que le comportement cavalier de Monsieur le Président de la C.U.S. notamment dans l’acquisition du 204 de la route de Schirmeck nous ont clairement montrés qu’ils ne sont des interlocuteurs ni sérieux, ni crédibles.
Vous n’êtes pas sans savoir que le foyer « Les Remparts » héberge des personnes sans domicile en démarche de réinsertion pour certaines ou travaillant pour d’autre. La crise du logement a prit une telle ampleur ces trois dernières années que ces personnes n’ont d’autres solutions que les foyers. En effet le S.M.I.C. est insuffisant pour convaincre un bailleur et il est de notoriété publique que des bailleurs sociaux, notamment C.U.S. Habitat, refusent de louer leurs logements vacants à des bénéficiaires du R.M.I. .
Cette fermeture sera d’autant plus grave pour les personnes les plus désocialisées, qu’elle rompra le contact avec des professionnels, souvent seuls capables de tisser ou de maintenir un lien avec notre société dont elles sont membres de pleins droits.
Ceci nous amène à vous poser les questions suivantes :
- Pourquoi nos concitoyens les plus pauvres n’ont-ils pas droits à la continuité du service public ? Les citoyens français ne sont-ils pas égaux en droits ?
- Quelle solution avez-vous élaboré pour reloger les personnes qui, de fait, seront expulsées cet été ?
Il s’agira de la deuxième expulsion en un an pour celles qui vivaient en appartement avant l’hiver.
Nous exigeons, en l’absence de solutions alternatives satisfaisantes (autre que quelques chaises dans vingt mètres carré !!!), de maintenir les foyers « Les Remparts » et « Urgence Dormir » ouverts sans discontinuité tout au long de l’année. Cette situation est indigne d’un pays comme la France et l’est encore plus dans la capitale Européenne. Nous faisons ici échos à votre appel du 11 juillet dernier « …à la vigilance, à la fraternité et à l’égalité. ».
Dans l’attente d’une réponse de votre part qui saura, nous l’espérons, calmer notre inquiétude pour nos voisins les plus démunis et les plus résignés, veuillez recevoir, Monsieur le Préfet, nos salutations citoyennes les plus respectueuses.
ACTION LOGEMENT
18:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.06.2005
Intervention du 17 juin au conseil de quartier du secteur gare
Chers amis,
Vous trouverez, ci-après, l'intervention faite par ACTION LOGEMENT lors du conseil de quartier du secteur gare hier soir au gymnase Ste Aurèlie concernant la fermeture du foyer Les Remparts cet été.
Madame Zuber, même si elle présente une analyse sur le manque d'engagement de l'Etat que nous partageons en grande partie, ne propose aucune solution concrète permettant de palier à la catstrophe qui se prépare pour les personnes logeant au foyer des Remparts.
"Nous n'avons pas à rougir de l'action sociale à Strasbourg": Ca nous fait une belle jambe...
Nous tirons également la sonnette d'alarme concernant l'avenir de plus en plus sombre des habitant du "204". En effet le jugement d'expulsion a été rendu. Les spéculateurs n'attendent plus que l'autorisation du recours à la force publique, accordée par le Prefet, pour faire éxecuter l'expulsion.
J'en appelle "... à la vigilance, à la liberté et à la fraternité."
Michel Thenaut, Prefet du Bas-Rhin 11 juillet 2004.
Madame,
Notre quartier abrite un foyer d’hébergement d’urgence, le foyer des Remparts.
Comme l’année dernière vous savez que cet établissement va fermer ses portes pour une durée d’un mois à compter du 25 juillet et ce jusqu’au 22 août, laissant à priori à la rue la quasi totalité des résidents du lieu.
Certaines de ces personnes travaillent et risquent donc de perdre un emploi difficilement obtenu, d’autres au rmi, en pleine démarche d’insertion, vont perdre le bénéfice de nombreux mois d’efforts et de démarches, d’autres encore souvent très désocialisées vont perdre ce qui pour certaines est le seul contact avec des professionnels capables de maintenir un lien tissé au fil du temps avec une société dont ils se sentent déjà bien exclus.
Il s’agit d’un drame humain intolérable qui se prépare pour une raison de financement entre la Ville, l’Etat et la Région. Qui payera le fonctionnement de Rempart pour cette période d’un mois ? Personne tous se renvoient la balle et le foyer ferme ses portes…
Au vu de vos fonctions municipales, Madame l’adjointe au maire en charge de l’action sociale, de la santé et de l’insertion, nous ne pouvons qu’être convaincu que vous saurez mesurer les conséquences inadmissibles qu’implique une telle absence de décision de la part de nos élus, en effet cela demande de gros efforts et du temps de sortir de ce milieu souvent violent qu’est la rue. La réinsertion est une démarche qui exige un travail quasiment à plein temps et un minimum de conditions dont fait partie la possibilité de se reposer la nuit en sécurité.
Comment pouvez vous donc seulement tolérer cet état de fait sans aucunement réagir ni prendre de mesures permettant d’y remédier. Vous avez, ainsi que Madame le Maire, été interpellées par deux fois à ce sujet par M. Françoise Janot, conseillère municipale. Vous ne lui avez pas répondu. C’est encore un bel exemple de débat démocratique que vous avez montré là . Nous nous interrogeons d’ailleurs sur le sens d’une réunion pour échanger sur le thème « des personnes en errance sur le secteur gare », comme vous les nommez, alors que cette absence d’initiatives concrètes les renvoient à la rue dans un mois.
Ce ne sont pas ces réunions fleurant bon la démagogie qu’attendent les citoyens strasbourgeois les plus démunis, mais des engagements clairs et concrets pouvant assurer la continuité d’un hébergement nécessaire.
Ces hommes, ces femmes, vont se retrouver dans une situation catastrophique dans peu de temps, montrez nous plutôt que vous êtes l’élue de tous les citoyens strasbourgeois en vous engageant ce soir et publiquement à mettre en œuvre les dispositifs permettant de débloquer le financement par la ville de cette tranche d’un mois de fonctionnement qui manque pour assurer, même vers les plus pauvres de vos voisins, la continuité de ce service public plus que nécessaire.
ACTION LOGEMENT
18:20 Lien permanent | Envoyer cette note
10.06.2005
Intervention au conseil de C.U.S. du 10 juin 2005
Vous trouverez, ci-après, l'intervention de Marie-Françoise Janot au conseil de C.U.S. du 10 juin 2005. Celle-ci concerne le "204".
Conseil du 10 juin 2005
Point 3 : budget supplémentaire
Monsieur le Président,
J'avais sur ce sujet plusieurs questions à soumettre à la commission plénière. Comme d'habitude, vous m'avez fait comprendre que des questions trop techniques et trop précises n'avaient pas lieu d'être posées en séance, mais que l'on me répondrait si je les transmettais par écrit, ce que j'ai fait. Je suis très surprise de n'avoir pas reçu de réponse. J'aimerais croire qu'il s'agit d'un oubli, ou d'un manque de temps. Malheureusement il me faut constater quec'est une pratique courante de votre part, aussi, je ne peux qu'en déduire que c'est volontaire de votre part. Qu'est-ce que c'est que cette assemblée où des élus, mandatés par les électeurs, chargés de prendre des décisions importantes concernant la vie de l'agglomération, n'ont pas accès aux informations qu'ils demandent? Monsieur le Président, cette méthode de gouvernance est inacceptable. Vous décrédibilisez la démocratie.
Venons en maintenant au fond. Dans votre budget supplémentaire, mon attention a été particulièrement attirée par une rubrique, dans le chapitre des investissements.
Vous proposez de renforcer les investissements récurrents pour l'acquisition et la préemption d'immeubles. C'est sur ces crédits que vous nous avez demandé d'imputer la dépense correspondant au rachat auprès du Ministère de l'Education Nationale d'une propriété bâtie située au 204 route de Schirmeck, pour un montant de 342900 euros. Vous comptez démolir les bâtiments pour un montant de 108000 euros, enlèvement des déchets inclus, et faire ensuite appel à des opérateurs pour y réaliser un programme de logements et d'activités. L'opération reviendrait donc à 450900 euros (3 millions de francs).
Vous avez fait réactualiser une proposition de vente de la part de l'Etat qui date de 1999. Cette vente n'a pu se faire à l'époque, d'une part parce que la CUS contestait le prix de vente, qu'elle estimait trop élevé, d'autre part, elle étudiait pour ce site un projet qui soit d'intérêt général. Différentes propositions étaient à l'étude lorsque vous êtes arrivé aux commandes de la CUS.
Vous ne pouviez ignorer le contexte de cette vente, ni les pistes en cours d'étude, ni le fait que ces locaux étaient occupés, sans titre, par une association à but culturel. Ils servaient et servent toujours à la fois de logement et d'ateliers de travail à ses membres, et ceci avec la tolérance de l'Etat puisque, après un jugement d'expulsion à la requête du Rectorat, le Préfet avait refusé en juin 2000 le concours de la force publique, et avait recommandé un règlement à l'amiable qui aurait pu être trouvé dans le cadre des projets de la CUS concernant ces locaux.
Vous n'avez pas semblé manifester d'intérêt pour ces locaux jusqu'en décembre dernier. Vous avez abandonné tout projet d'intérêt général pour faire une opération immobilière confiée à des opérateurs privés, et vous ne vous êtes pas soucié de régler à l'amiable, comme le Préfet le recommandait, la question des occupants.
On aurait pu, sur ce site, réaliser un projet qui concilie les intérêts des occupants actuels, en les relogeant dignement (ce sont des gens qui travaillent ou sont au RMI ou étudiants et qui peuvent payer des loyers) et le souci du développement d'activités culturelles dans le quartier de la Montagne Verte qui en est bien dépourvu.
D'ailleurs, il est dépourvu de bien des équipements, ce quartier. Il attend toujours la reconstruction du CMS et du centre socioculturel. Pour ces établissements, au lieu de prévoir des bâtiments correspondant aux besoins de la population (15000 habitants), vous vous contentez d'une construction en dur sur le site des préfabriqués actuels, ce qui ne permettra pas le développement de nouvelles activités de quelque envergure. Il n'y a aucune structure d'accueil de la petite enfance au coeur du quartier, pas d'équipement culturel. Il n'y a pas eu non plus d'opérations d'amélioration de l'habitat, et les immeubles de la route de Schirmeck sont dans un état déplorable.
Vous avez confisqué le bâtiment Danone situé en face du 204 pour les ateliers de la grande bibliothèque. Vous aviez une occasion de vous rattraper en faisant quelque chose du site du 204, qui représente une grande surface (56 ares). Le Président de Habitation Moderne, en août 2000, avait visité le site et avait constaté qu'il était possible de construire des logements à l'arrière du bâtiment principal du BRGM, et de réhabiliter ce dernier en un lieu culturel. La construction de logements aurait pu permettre le relogement des occupants sans titre, et le lieu culturel aurait pu être confié en gestion à une structure, par exemple le centre socioculturel, avec possibilité pour l'association occupant actuellement les locaux sans titre d'y travailler et de s'y produire.
Je suppose que la vente n'a pu être conclue puisque les locaux ne sont pas libres de toute occupation, même sans titre, et que cette condition figure dans la délibération qui a été adoptée par notre conseil de décembre. De ce fait, le permis de démolir qui est affiché sur la façade de l'immeuble n'a aucune valeur.
Aussi, Monsieur le Président, je vous demande de remettre à l'étude le projet suggéré en août 2000 par le Président de Habitation Moderne de l'époque. Ce serait à la fois une façon de régler correctement à l'amiable le litige avec les occupants actuels, une trentaine de personnes, dont une vingtaine répartis en deux associations à but culturel, et une dizaine d'indépendants, et de développer un projet d'intérêt général à vocation culturelle pour les habitants du quartier. Connaissant votre passion pour la culture, je suis convaincue, monsieur le Président, que vous allez considérer ma proposition.
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